Les cépages du Beaujolais
- 24 févr.
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Le Beaujolais faisait autrefois partie de ce qu'on appelait la Grande Bourgogne, et c'est en réalité toujours le cas d'un point de vue règlementaire pour les crus du Beaujolais les plus au nord (Juliénas, Saint-Amour, Chénas et même Moulin à Vent) : en effet, tout ou partie des parcelles éligibles pour ces appellations sont situées dans le département de la Saône-et-Loire (71) qui est aussi couvert par les appellations les plus méridionales de la traditionnelle Bourgogne (Saint-Véran, Pouilly-Fuissé, etc.). Mais quels sont les cépages autorisés dans le Beaujolais ?
Les cépages du Beaujolais Le gamay noir à jus blanc, pour les vins rouges et rosés
Né d’un croisement naturel de pinot noir et de gouais blanc, le cépage gamay noir à jus blanc permet l’élaboration de vins au fruité multifacette : d’un « fruité joyeux » pour les Beaujolais de Fête et donc le « Nouveau », jusqu’à un « fruité complexe » pour les crus du Beaujolais.
Les sols granitiques sont a priori sa terre d’élection mais il a l’art de s’adapter. Historiquement, avant le phylloxera, le cépage était très répandu en France. On estime qu’il couvrait plus de 160 000 hectares. Aujourd’hui, la moitié des 30 000 hectares de gamay plantés à travers le monde le sont en Beaujolais, où il couvre 90 % des surfaces qui produisent du Beaujolais (cette part tend à baisser au profit du chardonnay).
Le gamay nécessite un travail minutieux. Plus les ceps sont nombreux sur une parcelle, plus le gamay est prolifique. Il faut donc le dompter pour réajuster l’équilibre entre quantité et qualité des raisins. La taille courte, en gobelet, est l’une des méthodes qui permet d’encadrer au mieux le cépage bien que l’on observe désormais la pratique grandissante d’autres techniques (éventail, cordon simple, etc.). Les vignerons du Beaujolais l’ont bien compris et ont su nourrir au fil des ans une expérience imparable pour maîtriser sa fougue naturelle et en faire surgir le meilleur.
Vous l'aurez compris, le gamay est donc le seul cépage rouge autorisé dans la région si l'on veut revendiquer les appellations Beaujolais, Beaujolais-Villages et les dix crus du Beaujolais (Saint-Amour, Juliénas, Chénas, Chiroubles, Fleurie, Moulin-à-Vent, Morgon, Regnié, Brouilly et Côte de Brouilly).
Mais depuis plusieurs années, des vignerons se sont essayés à d'autres cépages, pour anticiper le réchauffement climatique et diversifier le profil des vins rouges élaborés sur les sols granitiques et de pierres bleues. Ainsi, de plus en plus de domaines ont planté de la syrah, du pinot noir, du gamaret ou du grenache. Ces cépages ne sont pas autorisés dans les appellations du Beaujolais mais peuvent revendiquer l'IGP Comtés Rhodaniens.
Il n'y a qu'à essayer la syrah du Domaine de Mont Joly à Blacé ou le gamaret de la Famille Morin à Chiroubles pour voir que ces cépages peuvent tenir leur place dans la région du gamay.

Les cépages du Beaujolais Le chardonnay pour les vins blancs
C’est le cépage blanc le plus planté dans le monde. En territoire Beaujolais, le chardonnay dévoile de belles expressions. On le trouve à l’extrême nord du vignoble, aux limites du Mâconnais et au sud-ouest de Villefranche-sur-Saône. Il bénéficie d’un écrin en forme de triangle entre Liergues, le Bois d’Oingt et Bully. Au sein des appellations beaujolaises, le chardonnay représente aujourd’hui 5% à 10% du vignoble. De plus en plus de vignerons produisent des blancs, tant ils séduisent les papilles.
Ses grappes se présentent en petites baies à peau blanche et fine, arrondies et dorées à maturité. La diversité des sols du vignoble offre à ce cépage la capacité d’exprimer toute sa richesse et sa complexité. Il s’épanouit notamment sur des terrains marneux ou calcaires. Les terres peu fertiles constituent ainsi son environnement de prédilection. Dans les zones tempérées, comme en Beaujolais, il donne ainsi des vins souples et charnus aux arômes d’agrumes ou de fruits blancs telle que la pêche.
En cave, le chardonnay est pressuré dès son arrivée et fermente ensuite pendant une quinzaine de jours en cuve, en fût ou en foudre. Les élevages sur lies sont fréquents. Les Beaujolais et Beaujolais Villages blancs offrent des vins équilibrés avec fraîcheur, rondeur et finesse. Les Beaujolais blancs sont dotés d’une belle robe dorée et sont amples, aux arômes de fruits à chair blanche et d’agrume, avec une finale agréable. Les Beaujolais Villages blancs se distinguent quant à eux par leurs notes florales, minérales, et leur belle intensité aromatique. Certains vins peuvent vieillir quelques années en cave pour exprimer leur complexité et leur intensité.
Pour n'en citer que trois à essayer au moins une fois, on peut penser au Beaujolais blanc "Clos de Rochebonne" du Château Thivin, celui du Domaine des Marrans ou encore le Beaujolais-Villages blanc de Jules Desjourneys.
Mais comme pour le gamay et les vins rouges, le chardonnay a d'autres concurrents qui se font connaître dans le Beaujolais. En effet, de plus en plus de vignerons ont tenté de planter du viognier, de la marsanne ou de l'aligoté pour tester leur adaptation à la région. Ces cépages sont également autorisés en IGP Comtés Rhodaniens. On peut penser au viognier du Domaine Striffling à Regnié.

En rouge ou blanc, les vins du Beaujolais offrent une palette aromatique variée et répondent aux attentes modernes des consommateurs à la recherche de vins frais, fruités et accessibles. Loin d'être péjoratif, cet atout multiple rend la région à nouveau recherchée pour ses profils de plus en plus qualitatifs et à des prix encore attractifs.



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